n’ont pu formuler que plusieurs hypothèses, alors que les résultats des analyses ADN n’ont rien donné.
Une chose est certaine : ce sont bien des chiens qui ont tué Elisa Pilarski et le petit Enzo, dont les obsèques ont eu lieu samedi 30 novembre.


La jeune femme a succombé à « une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chien aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête », selon le rapport d’autopsie.

L’enquête suit toujours son cours après la mort d’Elisa Pilarski, une jeune femme de 29 ans enceinte de 6 mois, dévorée par des chiens au cours d’une promenade dans la Forêt de Retz, près de Rébénacq, dans l’Ainse, le samedi 16 novembre 2019.

Quels animaux sont à l’origine du décès de Elisa Pilarski ? Pour tenter de percer ce mystère, des prélèvements ont été effectués sur les cinq animaux d’Élise et de son compagnon Christophe, ainsi que sur 62 chiens de chasse qui appartiennent à un équipage de chasse à courre, en pleine partie de chasse ce jour-là.

Christophe, qui a découvert le corps sans vie de sa compagne, affirme avoir croisé Jean-Charles Métras, chef de gendarmerie et amateur de chasse à courre, qui participait justement à la sortie de samedi. Selon les dires de Christophe, l’officier lui aurait déclaré :

A votre place, je m’inquiéterais plus pour votre chien que pour les miens…

Des propos ensuite démentis par le principal concerné. Lorsque Christophe retrouve enfin Curtis, il est trop tard. Il explique au journal Le Parisien :

Il ne bougeait pas, me regardait et se trouvait à trois mètres de ce que j’ai pris pour un tronc d’arbre, avant de comprendre qu’il s’agissait du corps de ma femme Elisa Pilarski.

Antoine Gallon, directeur de la communication de la société de vénerie, écarte toute responsabilité des chiens de chasse. Pour lui, il est tout bonnement inconcevable qu’ils soient responsables de la mort d’Élisa, la femme enceinte :

On ne peut pas imaginer que Curtis, un chien de combat, ait laissé sa maîtresse Elisa Pilarski (enceinte de six mois) se faire dévorer sans la défendre ! Or, des vétérinaires ont inspecté les 62 chiens de l’équipage – 21 participant à la chasse et 41 restés à la propriété et aucun ne présentait de traces de morsure.

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Curtis se trouve toujours à la fourrière, après avoir été pris en charge par les services vétérinaires. Pour le moment, il n’est pas question d’euthanasier le chien. Des prélèvements ADN ont été effectués sur sa muselière retrouvée à proximité du corps de sa maîtresse. Mais pour Me Caty Richard, l’avocate des proches d’Élisa, ces analyses sont inutiles :

Il est évident que l’on trouvera sur le corps de Elisa Pilarski l’ADN de Curtis, parce qu’il s’agit du chien qu’elle promenait, avec lequel elle était tout le temps en contact. Il conviendra de mettre en perspective les traces de morsures et les empreintes de mâchoires des chiens en cause.

Si les enquêteurs n’ont pas encore rendu leurs conclusions, pour Christophe, les responsables sont à l’évidence les chiens de chasse à courre. Il conclut :

Pour moi, c’est la chasse à courre, les chiens sortaient de ce précipice, Curtis a reçu beaucoup de morsures à la tête.

Obsèques de Elisa Pilarski à Rébénacq : un dernier hommage plein de dignité
Obsèques de Elisa Pilarski
Une foule silencieuse a assisté ce samedi à Rébénacq aux obsèques d’Elisa Pilarski, l’enfant du pays tragiquement disparue dans l’Aisne.

C’est dans un silence lourd d’émotion que des centaines de personnes sont venues rendre un dernier hommage, ce samedi, à Elisa Pilarski, 29 ans, tragiquement décédée dans l’Aisne le 16 novembre

femme enceinte
Le village de Rébénacq, bouclé par les gendarmes, a ainsi accompagné avec dignité l’enfant du pays Elisa Pilarski jusqu’au cimetière.

Dès 14 h, de nombreuses personnes se sont rassemblées sur la place de la mairie, devant l’épicerie familiale tenue par la mère de Elisa. Sur les coups de 15 h, sonnés par la cloche de l’église voisine, la foule a formé une haie d’honneur au passage du cercueil avant de suivre le cortège funèbre subtilement accompagné d’une fanfare discrète.

Plus de 300 personnes, parmi lesquelles le maire Alain Sanz, ses adjoints et le député Jean Lassalle, ont ainsi épaulé la famille éplorée jusqu’au cimetière où une bénédiction du curé et quelques témoignages d’amis étaient prévus avant l’inhumation.